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L’ambition de Vigier : la neutralité carbone en 2050, grâce à la fabrication d’hydrogène !

En partenariat avec plusieurs universités, l’entreprise de Reuchenette étudie la production d’hydrogène sur son site, qui lui permettra d’atteindre son objectif de neutralité carbone

Dernier volet du retour sur la commission des riverains : une entreprise qui travaille avec des universités sur un projet pilote

On a vu ces dernières semaines, dans les articles détaillant les sujets traités en séance de commission des riverains, que Vigier travaille continuellement à diminuer son impact sur l’environnement, en agissant techniquement aussi bien que mécaniquement. L’entreprise surveille de près ses émanations (3000 mesures par secondes, un nombre assez impressionnant pour être répété) et les maintiens clairement au-dessous des seuils légaux. La doctoresse Jacqueline Hotz, déléguée par la Municipalité au sein de la commission, le rappelait d’ailleurs sur question à fin août dernier : ces seuils sont édictés par les pouvoirs publics pour protéger toute la population, jeunes enfants et aînés compris ; ils sont calculés de manière à leur éviter de potentiels effets négatifs sur la santé.

Cette société n’entend pas s’arrêter là, qui va se lancer bientôt dans un projet pilote.

Un carburant propre fabriqué à Reuchenette ?

« Notre fabrication de ciment génère 430’000 tonnes de CO2 par année. L’idée consiste à le transformer en énergie, laquelle permettrait de fabriquer ici de l’hydrogène, donc un carburant propre », annonce Olivier Barbery, directeur de Vigier.

Ce projet implique des investissements considérables, aussi a-t-il été clairement établi qu’il serait mené à grande échelle. Vigier travaille sur ce dossier en collaboration étroite avec les chercheurs de plusieurs universités.

Entre 2025 et 2030, une installation pilote sera mise en fonction chez Vigier, afin de tester concrètement les théories de l’entreprise et de ses partenaires. Parallèlement, la direction de Reuchenette a déjà pris une option sur l’essai d’un camion à hydrogène, histoire de tester dans le terrain ce carburant du futur.

Puissance et silence

Cet été, quatre chauffeurs professionnels de Vigier ont testé, sur une journée entière, un camion alimenté totalement à l’énergie électrique. Ils ont livré trois clients, parcourant un total de 114 km, dont 76 à pleine charge.  « Tous les conducteurs ont apprécié cette conduite sans bruit et sans émission », souligne le directeur. Non sans ajouter que deux problèmes se sont faits jour, qui doivent être analysés.

Le poids de la batterie, tout d’abord, contraint le cimentier à diminuer chaque chargement d’une tonne complète. Si l’entreprise s’équipait exclusivement en camions de transport électriques, elle devrait donc augmenter sa flotte d’une unité, passant de 28 à 29 engins.

Le second problème concerne la batterie également, qui chauffe par moments et enclenche le mode « sécurité », à savoir un blocage de la vitesse de circulation à 30 km/h…

L’entreprise étudie actuellement plusieurs facteurs : la viabilité économique globale d’un engin ou d’une flotte électrique, la possibilité d’intégrer un compresseur sur un camion de ce type et enfin l’autonomie et les performances globales finales d’un modèle définitif.

Sachant les projets de Vigier dans ce domaine, une comparaison avec l’hydrogène s’impose…

Le dumper produit de l’énergie électrique

Acquis voici à peine plus de deux ans par Vigier, le dumper électrique donne entière satisfaction. Depuis qu’il circule sur une piste retravaillée durant l’été, il produit même davantage d’électricité qu’il n’en consomme. Rappelons que l’engin recharge ses batteries à la descente, lorsqu’il est lourd des matériaux arrachés à la Tscharner, et utilise cette électricité pour remonter la pente.

L’entreprise négocie actuellement l’achat d’un deuxième engin de ce type. En parallèle, elle utilise son expérience pour appliquer des mesures d’économie en consommation de carburant fossile sur ses sept autres dumpers. Ces mesures sont efficaces : elles ont permis d’abaisser la consommation totale d’un septième très exactement.

La suite en novembre

La prochaine réunion de la commission des riverains est agendée au jeudi 5 novembre. Ainsi que l’a décidé la Municipalité pour répondre aux besoins d’informations détaillées exprimés à plusieurs reprises par les citoyens de la commune, des nouvelles fraîches de l’entreprise arriveront donc dans ces colonnes d’ici à peine plus d’un mois. | cm

Les 150 ans d’une entreprise pionnière

2021 sera une cuvée marquante pour Vigier, qui fêtera ses 150 ans d’existence. Le programme des manifestations y relatives s’étalera sur les douze mois de l’année et prendra la forme que permettra la situation sanitaire. A suivre donc…

En attendant, on mentionnera simplement que depuis un siècle et demi, le nom Vigier est associé à des activités pionnières.  

Au départ, l’étincelle a été donnée par Robert Vigier (1843-1884), qui a créé de toutes pièces, à 28 ans seulement, la première cimenterie de Suisse. Jusque-là, personne n’avait fabriqué de ciment Portland* sur sol helvétique. L’entreprise fut érigée à Luterbach, dans le canton de Soleure, en 1871 ; son fondateur décidait très rapidement de construire une succursale à Reuchenette, où la matière première est directement accessible. Il ne la vit malheureusement pas fonctionner : « notre » usine démarrait son activité en 1890, sous la direction de sa veuve, Georgina Vigier-Kiefer, et dépassait illico la production de Luterbach. L’histoire riche et mouvementée de cette société vous sera évidemment contée en détails l’année prochaine. | cm

*du nom donné par le britannique Joseph Aspdin au brevet qu’il déposa en 1824 pour son ciment dont la couleur lui rappelait celle de la pierre de Portland